La capacité à s'arrêter
Je me remémore ma première randonnée à Tenerife. Un petit sentier sur la côte.
Agitée par le voyage interminable, par les longues heures d’aéroport, et surtout par l’inconnu, sur l’auto-pilote, je marche le long du sentier, je reste en mouvement,
même exténuée. Oui, il y avait du stress, de l’énergie, de l’excitation à libérer.
Mais aussi, l’instinct de survie: le besoin inconscient de scruter les lieux, de connaitre un peu plus de mètres carrés autour de moi, de découvrir mon nouvel habitat, de connaître les angles morts et les recoins, par curiosité, mais également par « Qu’est-ce qui s’y cache ? Quels monstres s’apprêtent à me sauter dessus? »
Est-ce que m’arrêter me mettrais en danger ?
En danger de qui ? de quoi ?
Alors je m’arrête. Quand même.
L’océan à perte de vue. Son impact instantanée dans mon cœur. L’émotion directe dans mes yeux. Les chatouillements dans le nez… Tu connais ? Ce remous qui remonte à la surface. Ce résultat de prendre le temps et laisser l’espace aux émotions à exister. Les vieilles, les actuelles et celles appréhendées.
Et je pense que c’est ce dont j’ai (les gens ont) peur.
S’arrêter, c’est la confrontation à reconnaitre notre état sincère, aussi agréable ou inconfortable qu’elle puisse être.
C’est le genre de « procès » avec soi-même, à devoir se poser les questions pertinentes - et donner les réponses - pour améliorer notre situation, notre existence.
Arrêter demande de faire un pas de recul.
Du moins, d’être statique sur un point pour constater et observer.
Qu’est-ce que cet océan gigantesque fait émerger en nous ?
Du vertige, de la nostalgie, de la solitude, de l’émerveillement.
Je suis de celles et ceux qui ressentent qu’on a pas assez d’une vie pour tout voir, tout accomplir. Je trouve la paix en me rassurant que je ne verrai pas tout, mais mieux.
Que j’accomplirai pas tous mes aspirations mais celles qui se présentent ont quelque chose à m’apprendre.
Le FOMO restera, parce que la vie est si belle !! Elle est si captivante que c’est pour quoi j’ai besoin de laisser décanter, d’intégrer, de laisser infuser les expériences. Je savoure en observant, en restant fixe, et parfois trop longtemps … la contemplation peut devenir aussi une fuite à prendre action. Examiner les options, en analyser les retombées, peut donner l'impression d'avancer... Finalement, c'est souvent de la procrastination à plonger.
On a chacun, chacune nos méthodes d'évitements. Certains vont très vite, pour peut-être ne rien ressentir et d'autres stagnent dans le connu, par peur d'échouer. J’admire les gens qui foncent, qui osent. Mais je ne suis pas jalouse de ceux qui vont trop vite et ne s’émerveillent pas des scintillements sur l’eau ou d’une araignée qui tisse sa toile avec acharnement.
Même les gens qui courent, devront à un certains moments s’arrêter pour contempler.
Et les plus courageux pour ressentir.
~ Marjorie 99% Marjorie , 1% ma chère amie Marina Parent (merci full) , 0% IA





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