Faire du yoga, non pour impressionner, mais pour se rencontrer
- marjorie ouellet
- 18 août 2025
- 3 min de lecture
On parle souvent du yoga comme d’un chemin vers soi. Une pratique de présence, de conscience, de bienveillance. Mais parfois, sous la surface tranquille de notre tapis, des motivations plus subtils se faufilent. Une envie d’en faire plus. De mieux paraître.
Je vous invite ici à vous poser quelques questions simples, mais essentielles pour faire le point sur votre pratique de yoga.
Est-ce que vous êtes attirés par l’allure d’une posture plus que par ce qu’elle vous fait ressentir dans votre corps ? Il arrive qu’on soit attiré par l’allure d’une posture, plus que par les sensations qu’elle éveille en nous. Certains réalisent qu’ils pousseraient moins fort si personne ne les regardait. Si aucune image n’était partagée, aucun regard posé, aucun commentaire affilié.
C’est facile de glisser, sans s’en rendre compte, dans une tendance de performance. De se comparer, même subtilement, à celle qui tient plus longtemps sur les mains, à celui qui se contorsionne, à celle qui semble si à l’aise dans l’inconfort.
Rappelions-nous que ce n’est pas ce que le yoga nous invite à faire.
Le yoga, ce n’est pas une démonstration. Ce n’est pas un concours de souplesse ni une collection de formes esthétiques. Mais, voyons-le comme un moment de conversation avec soi. Chaque pratique, chaque posture devient une opportunité à se comprendre.
Et que même si parfois, on veut prouver quelque chose. Que parfois, on cherche inconsciemment à se valider, à appartenir à un groupe, à une mode, à performer pour soi ou pour l'autre. (Et c’est inévitable de vivre ces besoins, ici et là.) L’important, ce n’est pas d’être toujours parfaitement aligné, mais de réajuster ce dialogue avec nous et notre pratique.
Qu’est-ce que j’essaie de prouver ? À qui ? Suis-je en train de m’écouter ou de me fuir ?
Prenez le temps de constater que respecter ses limites demande parfois plus de courage que de les repousser. S’arrêter avant d’aller trop loin, c’est affirmer qu’on n’a rien à prouver. C’est choisir l’intégrité plutôt que l’image.
Et si on se demandait pourquoi la pratique à la maison est parfois plus douce, plus intuitive, que celle qu’on fait en groupe ? Est-ce parce qu’elle est moins observée ? C’est souvent dans l’absence de regard extérieur que l’on se donne réellement la permission d’écouter, d’ajuster, de ralentir.
Être « avancé » en yoga, ce n’est pas maîtriser les postures les plus complexes, c’est être pleinement présent dans les plus simples. Dans le yoga, l’avancement ne se voit pas : il se ressent dans la qualité de l’attention qu’on porte à chaque mouvement, à chaque souffle.
Est-ce que ma pratique me rapproche de moi-même, ou elle est un moyen d’être meilleur que quelqu’un d’autre ?
Est-ce que je ressors de mon tapis avec plus de douceur, ou plus d’exigence ?
Certains utilisent leur pratique pour mieux se connaître. D’autres, sans le savoir, s’y accrochent pour se distinguer. Parfois, on en ressort grandi, plus doux, plus enraciné. D’autres fois, certaines séances réveillent en nous de la comparaison, une p’tite touche d’impatience, une tension difficile à nommer. Il arrive aussi que l’on pratique en se mesurant, en s’irritant de ne pas avancer plus vite, de ne pas faire « mieux ».
À travers toutes ses réflexions, assurez-vous de ne pas juger, mais d’observer avec transparence. Parce que notre pratique a le pouvoir de nous transformer. Mais pour cela, elle doit rester un lieu d’écoute, pas de compétition.
Revenir à une pratique authentique, qui pourra perdurer dans le temps, c’est s’offrir la permission d’être là, tel qu’on est. D’avancer sans se presser. De bouger, sans paraître.
De faire du yoga, non pour impressionner, mais pour se rencontrer.
Et ça, personne ne peut le voir de l’extérieur.
Marjorie
Vous avez envie d’une pratique qui vous permettra d’être tel que vous êtes, sans pression ni spectacle ? Mon studio virtuel est un espace pour ça : une pratique sincère, guidée, qui n’a rien à prouver.





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